le père benoît
Tiens le père benoît, comment on va ce matin? jamais de la vie, où vous voulez que j'y aille, j'ai vecu tant d'années avec ma pauvre louise dans cette maison et je ne partirais que les pieds devant,
m'en parlez pas, encore mes jambes qui me font souffrir, c'est à peine que je tiens debout,
et le docteur il dit quoi?,
il dit que c'est l'âge, la fatigue et toute la mécanique qui ne répond plus comme avant,
il vous faut vous reposer père benoît
comme vous y allez vous, et comment je fait pour survivre, y a les courses, entretenir tant bien que mal la maison et ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour me reposer, depuis la mort de ma pauvre louise, je me sens tout désorienter et j'erre dans cette maison comme une âme en peine, c'est triste de se retrouver tout seul après tant d'années de vie commune et tout à coup je me retrouver seul, à mon âge, c'est pas permis,
que voulez-vous, c''est la vie qui veut ça, il faut faire avec, dites père benoît , pourquoi gardez-vous cette grande maison qui vous donne tant de soucis et de travail, c'est pour ça que vous vous sentez fatigué, ça demande beaucoup d'entretient une maison pareille, il faut la vendre et trouver autre chose plus petit
allons, allons l père benoît, chassez toutes ces idées noires et tachez de prendre le dessus, c'est pas bon de ruminer tout ça, pensez un peu à vous et essayez de tenir, au fait, pourquoi vous n'irez pas à la pêche comme au bon vieux temps, ça vous changera les idées et vous prendrez en plus des poissons, un bon bol d'air,
je n'ai plus le goût à ça, et puis trimballer tout l'attirail de pêche sur mon vélo, j'ai bien peur que mes pauvres jambes ne résistraient pas,
allons père benoît, il faut prendre sur vous et tachez de sortir et de faire de petites ballades dans les environs, y a rien de tel pour garder le morale, vous avez encore bon pied bon oeil, et puis malgré tous ces ennuis, y a quand même du bon dans la vie.